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Côte d’Ivoire
DONNEES POLITIQUES ET ECONOMIQUES
Premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, la Côte d’Ivoire enregistre l’un des taux de croissance économique les plus rapides et soutenus en Afrique subsaharienne depuis plus de dix ans. Avec une croissance du PIB réel de 8,2 % en moyenne sur la période 2012-2019, la Côte d’Ivoire a réussi à contenir la pandémie de COVID-19 pour garder le rythme de croissance positive en 2020 à 2%.
En 2021, le pays a renoué avec sa trajectoire de forte croissance et continue de jouer un rôle central en tant que hub économique régional et terre d’accueil pour de nombreux ressortissants des pays de la Communauté Économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’ailleurs.
Situation politique
La Côte d’Ivoire a organisé en septembre 2023 des élections municipales et régionales remportées largement par le RHDP [Rassemblement des Houphoutistes pour la Démocratie et la Paix], parti au pouvoir depuis 2011. Ce double scrutin à valeur de test pour les principaux partis politiques du pays en vue de l’élection présidentielle de 2025, a été unanimement salué comme inclusif, ouvert et paisible par l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux.
Depuis la résolution des tensions liées à l'élection présidentielle de 2020, à l’issue de laquelle le Président Ouattara a été réélu pour un troisième mandat consécutif, la Côte d'Ivoire connaît une stabilité politique et sociale notable. Cependant, le pays fait face à un défi humanitaire dans sa partie nord, frontalière avec le Burkina Faso, en raison de l'afflux de réfugiés. Ces personnes fuient principalement les violences djihadistes dans le pays voisin.
Situation économique
En 2022, l'activité économique ivoirienne est restée robuste, bien qu'elle ait été confrontée à des défis découlant de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, du resserrement monétaire mondial, et de l'instabilité politique croissante dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Malgré la hausse des prix à l'importation, la montée des taux d'intérêt mondiaux et nationaux, ainsi que la demande extérieure en baisse, la croissance économique est passée de 7 % en 2021 à 6,7 % en 2022.
La croissance a été largement tirée par des investissements publics soutenus et une forte consommation intérieure. Les secteurs industriels et les services ainsi que les mesures fiscales du gouvernement visant à maîtriser la hausse des prix ont également contribué à cette performance économique au cours de la première moitié de l'année.
L'inflation a atteint en moyenne 5,2 % en 2022, marquant son niveau le plus élevé en une décennie, sous l'effet de la hausse des prix des denrées alimentaires, des transports et de l'énergie. Néanmoins, les perspectives économiques à court et moyen termes restent positives, bien que légèrement en deçà des niveaux d'avant la pandémie de la COVID-19. Cet optimisme repose sur un engagement fort en faveur de la stabilité macroéconomique et de réformes structurelles en cours conformément au Plan National de Développement (PND 2021-2025).
Perspectives et enjeux
À l'avenir, la croissance réelle du PIB devrait s'établir en moyenne à 6,5 % en 2024-25. La poursuite des investissements dans l'infrastructure réseau, notamment dans les secteurs du numérique et des transports, ainsi que l'exploitation des découvertes récentes de pétrole, associée à des politiques macroéconomiques prudentes, devraient renforcer la confiance des entreprises et accroître la productivité. Les projets visant à développer les chaînes de valeur ont le potentiel d'améliorer la productivité agricole et de stimuler la fabrication, ce qui soutiendra les perspectives de croissance à long terme.
La Côte d’Ivoire ambitionne d’accélérer sa transformation économique et sociale, et de se hisser à l’horizon 2030, au rang des pays à revenu intermédiaires de la tranche supérieure.
ACCORDS
OMC (Organisation mondiale du commerce)
Membre de l’OMC depuis le 1 er janvier 1995 et membre du GATT depuis le 31 décembre 1963.
UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine)
Les pays membres de l’UEMOA partagent une monnaie commune, le Franc Communauté Financière Africaine ou Franc CFA (XOF) qui a une parité fixe avec l’euro (1 EUR = 655,957 FCFA). La BCEAO, la banque centrale des États de l’UEMOA, a pour principales fonctions la centralisation des réserves de change, la gestion monétaire des pays membres, la tenue des comptes des Trésors des États membres et la définition des lois bancaires applicables dans chaque pays. Les 8 pays membres de l’UEMOA sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Guinée-Bissau.
APE
L’accord de partenariat économique intérimaire (APEi) entre l’UE et la Côte d’Ivoire, ratifié en août 2016, est entré effectivement en vigueur en décembre 2019. Il prévoit l’accès en franchise de droits pour toutes les exportations ivoiriennes vers l'UE et la libéralisation de 80 % des importations en provenance de l’UE dans un délai de 10 ans s’étendant jusqu’en 2029, sur le principe de la suppression immédiate et non progressive des taux. Avec la mise en place de cet accord, l’UE et la Côte d’Ivoire visent un doublement de leurs échanges commerciaux à l’horizon 2029, pour atteindre 15 Mds EUR.
ZLECAf
La Côte d’Ivoire fait partie des 44 États ayant ratifié l’accord sur la zone de libre-échange continental africaine (ZLECAf), signé en mars 2018 et entré en vigueur en mai 2019. Ces accords prévoient notamment la suppression de lignes tarifaires et la simplification des formalités administratives et des procédures douanières. L’enjeu est de favoriser le commerce intrarégional et l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur mondiales. La ZLECAf, qui regroupe 54 des 55 pays d'Afrique, pourrait devenir la plus grande zone de libre-échange du monde, avec 1,2 Md de consommateurs et un PIB combiné d’environ 2 500 Mds USD.
Contrat de désendettement et de développement (C2D) avec la France
Le troisième C2D a été signé en octobre 2021 pour un montant de 1,145 Md EUR sur la période 2021-2025.
AGOA (African Growth and Opportunity Act) avec les USA
Votée par le congrès américain en mai 2000, cette loi soutient l’économie des pays africains en leur facilitant l’accès au marché américain. 38 pays africains en bénéficient dont la Côte d’Ivoire depuis 2012.
SECTEURS PORTEURS
Agriculture
- Part du PIB : 28% CA en milliards de FCFA : +6.900
- Production totale toutes cultures confondues : 26 millions de tonnes
- Emplois directs : + de 50% de la population
- Part dans les exportations de la Côte d’Ivoire : 40%
Les productions agricoles cacao, noix de cajou, coton, canne à sucre, palmier à huile, hévéa, fruits et tomates sont manufacturées par Cargill, Barry Callebault, CEMOI, Nestlé… SITA-CI, SNTC, CITA, OLAM…COTIVO, UTEXI, FTG, Sucrivoire, SUCAF-CI… PALMCI, Palmafrique… SAPH, SOGB, ITCA, CTCI-SA…compagnie fruitière, GBH, ATOU…TOMACI, parmi tant d’autres !
BTP
- Part du PIB : 6,4% CA en milliards de FCFA : 1.562
- Recette fiscale en milliards CFA : 19
- Nombre d’entreprises : + 3.000
- Nombre d’emplois directs : 28.000
- Taux de croissance de 26% entre 2012 et 2018
Les investissements publics et privés ont porté sur : les infrastructures routières : + 3.700 milliards de FCFA entre 2016 et 2020 Les infrastructures sportives : + de 40 milliards de FCFA pour trois nouveaux stades. L’hôtellerie pour la construction et la rénovation d’établissements hôteliers + de 500 milliards de FCFA Les infrastructures portuaires, Port d’Abidjan et de San Pedro + de 1.000 milliards de FCFA…
Santé
- Taux de croissance démographique : 2,6%
- Taux de natalité : 33,7%
- Indice de fécondité : 4,7
- Taux de mortalité : 9,9%
- Espérence de vie : 56,8
- Age moyen de la population : 18,34
Plus de 300 établissements sanitaires ont été construits dont le Centre National de Radiothérapie et d’Oncologie, 371 autres établissements ont été réhabilités. La population vit à moins de 5 kilomètres des centres de santé. Afin d’optimiser la qualité de service des différents établissements médicaux, l’Etat a procédé au recrutement de 1000 agents de santé notamment des médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes… Cependant malgré les efforts consentis certaines contraintes restent : forte concentration des centres de soins spécialisés en Abidjan, faible disponibilité des médicaments et intrants dans les structures sanitaires du niveau périphérique.
Mines
- Part dans le PIB : 4%
- Investissement dans le secteur : 136 milliards de FCFA
- CA du secteur : 762 milliards de FCFA
- Permis de recherches actifs : 168
- Nombre d’emplois crées : 14.000
La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel minier. Ce secteur est considéré par l’Etat Ivoirien comme un pilier de la croissance économique. Plusieurs actions ont été menées dont l’amélioration de la gouvernance minière, l’intensification et la diversification de la production… Les ressources minières sont : le fer, la bauxite, le nickel, le diamant, le manganèse et l’or. Les principaux intervenants dans le secteur sont : Endeavour Mining, Persus Mining, Sodim-Terranga, CML, BMSA, LEB… Selon la Société pour le développement Minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI) plus des 2/3 du territoire ivoirien est couvert par des formations réputées riches en minéralisation.
ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES
Dans une économie de marché, l’amélioration du climat des affaires constitue un élément majeur pour créer un cadre attractif des investissements privés et favoriser la compétitivité du secteur privé.
Grâce aux efforts accomplis, la Côte d’Ivoire a pu améliorer significativement son classement dans le Rapport Doing Business 2020 du Groupe de la Banque Mondiale. Ainsi, depuis le début du processus des réformes en 2013, la Côte d’Ivoire a amélioré son score de 67 places en passant de 177ème place (en 2013) à la 110ème.
La Côte d’Ivoire travaille à la consolidation de ses acquis et la poursuite de la dynamique des reformes. Ainsi elle est engagée dans un programme triennal 2020 – 2022 avec 14 projets majeurs qui impacteront significativement les performances de la Côte d’Ivoire et son attractivité. Ce programme comprend des projets structurels et structurant tels que :
- La délivrance de l’identifiant unique des sociétés aux entreprises en activités;
- La généralisation de l’identifiant unique des sociétés à l’intérieur du pays ;
- La rationalisation et la dématérialisation des licences et permis d’affaires ;
- La mise en place d’un système d’information géographique ;
- La régularisation de masse des parcelles non-titrées du grand Abidjan ;
- Le Renforcement de la règlementation des affaires et soutien aux entreprises en difficultés ;
- Le renforcement de l'efficacité et de la transparence du système judiciaire etc.
INVESTISSEMENTS DIRECTS DE L'ETRANGER (IDE)
Les échanges de la Côte d’Ivoire avec l’extérieur se singularisent par une balance commerciale structurellement excédentaire. Cette particularité est d’autant plus intéressante que la Côte d’Ivoire n’est pas considérée, comme beaucoup de ses voisins, comme un véritable pays producteur de pétrole. Sa force réside dans son potentiel agricole, agroindustriel, minier et industriel.
En 2020, le premier partenaire est la CHINE avec 25,1% des importations en valeur et un taux annuel de croissance de 10% des valeurs importées entre 2016 et 2020. La FRANCE occupe la seconde place avec 13,8% des importations et un taux de croissance de 1% des valeurs importées entre 2016 et 2020. Viennent ensuite le NIGERIA avec 9.2%, l’INDE 5,4%, les PAYS BAS 4,1%, la Belgique 3,9%, la TURQUIE 3,4%, le MAROC se classant à la 10e place avec 2,7%. Ce classement démontre l’importance grandissante et la diversité des pays fournisseurs de la Côte d’Ivoire et donc des pratiques concurrentes sur ledit marché qui inspire confiance depuis un dizaine d’années.
Parmi les produits dont les valeurs importées sont les plus importantes : les céréales, les produits pharmaceutiques, les machines, appareils et engins mécaniques et le tabac figurent dans les premières places. Au niveau des investissements étrangers, la France resterait le premier investisseur étranger. Les secteurs bénéficiaires de ces investissements sont par ordre d’importance : l’industrie manufacturière, le secteur financier, l’industrie extractive, le commerce de gros et de détails, la construction et l’hôtellerie.
Parmi les marchés remportés récemment par la France on peut citer : le train urbain d’Abidjan, l’agrandissement de l’aéroport d’Abidjan, la construction du Parc des Expositions, la route côtière Abidjan – San Pedro ou encore une usine d’eau potable qui alimentera environ 30% de la consommation quotidienne en eau de la ville capitale avec 28km de canalisation et deux châteaux d’eau de 5.000m3 chacun…
