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Kenya
DONNEES POLITIQUES ET ECONOMIQUES
Une croissance économique tirée par les investissements publics et les services innovants
Si les investissements publics en faveur des infrastructures ont tiré la croissance ces dernières années, le gouvernement kenyan cherche désormais à développer une industrie locale, créatrice d’emplois, vouée à couvrir les besoins de son marché intérieur et ceux des autres pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (200 M d’habitants).
Avec un PIB par habitant de 1 880 USD, le Kenya est classé dans la catégorie des « pays à revenu intermédiaire » (le seul de la Communauté d’Afrique de l’Est). Une vraie classe moyenne émerge, estimée à 5 % de la population à l’échelle nationale et 20 % de la population de Nairobi (revenus par foyer supérieurs à 750 USD/mois). Ces consommateurs se sont habitués à la distribution dite moderne et sont avides de marques, de choix et de services clients.
L’agriculture représente 34 % du PIB, le tourisme 9 % , le transport 8,5 %, le commerce 7,6 % et le secteur manufacturier 7,5 % du PIB.
Le niveau de développement des infrastructures de transports, des services (en particulier financiers) mais aussi des secteurs de la santé, de la tech ou de l’éducation font du Kenya une véritable plateforme régionale.
Une politique dynamique de soutien à l’investissement
En accord avec le programme de développement national « Vision 2030 », qui a permis au pays de doubler son taux de croissance depuis les années 2010, le Président Uhuru Kenyatta a annoncé 4 secteurs stratégiques, intitulés « The Big Four », qui guident son agenda économique tout au long de son second mandat, qui prendra fin en 2022 : 1) le développement du logement social et accessible ; 2) l’accès universel à la santé ; 3) la relance du secteur manufacturier ; 4) la sécurité alimentaire
Une Constitution récente qui décentralise le pouvoir
Promulguée en 2010, la Constitution décentralise le pouvoir aux 47 Comtés du Kenya qui sont gérés par des gouverneurs et des assemblées locales, pouvant voter certaines lois et lever des impôts.
Perspectives et enjeux
- Marché en pleine croissance : 50 M d’habitants et plus de 66 M d’ici 2030.
- Forte présence des bailleurs de fonds + troisième siège mondial des Nations unies.
- Accord de partenariat économique UE-EAC actuellement bloqué.
- Corruption importante.
- Impact de la crise de la Covid-19.
ACCORDS
Le Kenya est membre depuis 1967 de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) ou East African Community (EAC) au côté de 5 autres pays : le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, et le Soudan du Sud. En 2004, la CAE a adopté la création d’une union douanière (dont ne fait pas partie le Soudan du Sud).
Le Kenya fait également partie du Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA) : une zone de libre-échange regroupant 22 pays d’Afrique orientale et australe.
Le Kenya est membre de l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle depuis 1971 et signataire de la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle.
Un accord de partenariat économique (APE) a été conclu en 2016 entre l’UE et la CAE pour libéraliser les échanges entre les deux zones. Toutefois, il n’est pas mis en application à ce jour (la Tanzanie et le Burundi bloquant la ratification au niveau de la CAE).
SECTEURS PORTEURS
Agriculture et industries agroalimentaires
- Machinisme agricole (café, thé, fleurs coupées, fruits/légumes, élevage, irrigation…)
- Élevage (alimentation animale, génétique)
- Équipements agroalimentaires (transformation, emballage)
- Produits alimentaires
- Vins/spiritueux
Technologies et services
- Fintech, services financiers et paiement mobile
- Retail
- E-commerce
- Cybersécurité et confiance numérique
- Big data, Blockchain, IoT, IA
Industries et cleantech
- Énergies, dont énergies renouvelables
- Environnement (gestion des déchets)
- Eau et assainissement
- Ville-durable (mobilité, architecture, urbanisme, efficacité énergétique…)
- Filière Mer et économie-bleue
- Bâtiment & second-œuvre
- Transport ferroviaire & urbain
Art de vivre et santé
- Dispositifs médicaux
- Produits pharmaceutiques
- E-santé
- Produits de soins et cosmétiques
- Habillement
ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES
Le Kenya a à nouveau progressé dans le classement 2020 du Doing Business de la Banque mondiale relatif au climat des affaires. Le pays se classe à la 56ème position de ce classement mondial devenu référence, et figure à la 3 ème place des pays d’Afrique subsaharienne, derrière Maurice et le Rwanda, et devant l’Afrique du Sud.
Les paiements se font traditionnellement à 90 jours. La monnaie de référence pour les contrats commerciaux reste le dollar américain, néanmoins, l’euro est de plus en plus accepté.
De nombreux appels d’offres internationaux sont financés ou cofinancés par des bailleurs de fonds qui couvrent le Kenya (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Agence française de développement…). Ces bailleurs apportent une garantie de paiements sur les projets qu’ils financent. Ils sont principalement actifs dans les secteurs des infrastructures, transports, énergie, eau, santé, éducation… Le Kenya est le 2 ème pays le plus financé par l’AFD.
INVESTISSEMENTS DIRECTS À L’ÉTRANGER
Selon la CNUCED, le montant des flux d’IDE entrants au Kenya s’est élevé à 1,6 Md USD en 2018 (+27 % par rapport aux flux 2017), ce qui porte le stock total d’IDE à 14,4 Mds USD. En 2018, les investissements ont été reçus dans divers secteurs, notamment l'industrie manufacturière, la chimie, l'hôtellerie et le secteur pétrolier.
Le pays a fait la promotion de ses zones franches d'exportation (ZES) en tant que destinations attrayantes pour les investissements étrangers dans le secteur manufacturier : le Kenya compte 61 zones économiques spéciales, 1 er en nombre du continent africain. La loi fiscale d’avril 2020, adoptée pour limiter les effets de la crise Covid-19, retire cependant les avantages fiscaux aux ZES.
Sur le plan bilatéral, la France et le Kenya ont signé un accord bilatéral de protection des investissements en 2010, qui offre de sérieuses protections aux investisseurs, en ouvrant notamment la possibilité d’un recours à l’arbitrage international du CIRDI en cas de différend.
