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Ouganda
DONNÉES POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES
Structure de l’économie
En 2020, l'Ouganda a connu une récession historique à -1,4 %. Les principaux secteurs touchés par la pandémie sont le tourisme, la construction et l’agriculture. Selon la Banque mondiale, la pandémie aurait fait basculer entre 1,1 et 3,2 millions de personnes dans la pauvreté, portant le nombre d’ougandais vivant sous le seuil de pauvreté entre 24 et 29 % de la population (contre 21 % en 2018).
En 2021, la croissance ougandaise, portée par la réouverture progressive du pays et la reprise de la consommation, rebondirait à 5,1 %. En 2022, les effets économiques de la guerre en Ukraine n’auraient, en termes de croissance, que peu d’effet : le FMI a revu à la baisse sa prévision 0,2 points de PIB, à 4,9 %.
La faible inclusivité de la croissance freine les progrès sociaux. Le taux de pauvreté absolue a été réduit de 56,4 % en 2006 à 41,9 % en 2012, puis à 41,3 % en 2016. Cependant, le pays est classé 160e sur 189 pays pour l’IDH, et un Ougandais sur trois vit encore dans une situation d’extrême pauvreté.
Politique économique et fiscale
Les réformes du secteur public introduites durant les deux dernières décennies ont fortement augmenté l’efficacité du gouvernement et les cadres juridiques et politiques se sont améliorés, notamment grâce au Public Financial Management Act de 2015.
Uganda Vision 2040, vers le soutien de l’investissement
Aujourd’hui qualifié de pays à faible revenu (low-income country), l’Ouganda a conçu un programme de développement appelé « Uganda Vision 2040 » dont l’objectif est d’atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement s’est engagé dans une politique d’investissements publics de grande ampleur en faveur du développement des infrastructures.
Projet Total en Ouganda
Le lancement du projet d’exploitation par Total des réserves pétrolières du lac Albert devrait entrainer des retombées économiques indirectes significatives. L’investissement direct d’environ 10 Mds USD (soir 26,6 % du PIB du pays) pourrait entrainer une augmentation de 5 % des recettes fiscales en période d’exploitation (à partir de 2023) et la création d’emplois et d’infrastructures. La signature, le 1er février 2022, de la décision finale d’investissement par Total et CNOOC ouvre la voie au lancement effectif des travaux
Perspectives et enjeux
- Stabilité politique et démographie croissante
- Découverte de réserves importantes d’hydrocarbures à proximité du lac Albert : ce projet représente le plus grand plan d’exploitation de pétrole de TOTAL E&P dans le monde
- Tensions géopolitiques avec la crise au Soudan du Sud
- Loi de « local content » obligeant une part locale à se positionner sur les appels d’offres liés au projet pétrolier
ACCORDS
L’Ouganda est membre depuis 1967 de la Communauté d’Afrique de l’Est (East African Community, EAC) aux côtés du Burundi, du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie et du Soudan du Sud. En 2004, l’EAC a entériné la création d’une union douanière et œuvre désormais à la mise en place d’un marché commun et d’une monnaie unique.
L’Ouganda fait partie du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Common Market for Eastern and Southern Africa, COMESA), une zone de libre-échange qui regroupe 19 pays.
L’Ouganda est également membre de l’Intergovernmental Authority on Development (IGAD) qui œuvre pour la coopération régionale et l’intégration économique entre ses États membres.
Un accord de partenariat économique (APE) a été conclu en 2016 entre l’Union européenne et la CAE pour libéraliser les échanges entre les deux zones. Toutefois, il n’est pas mis en application à ce jour (la Tanzanie et le Burundi bloquant la ratification au niveau de la CAE).
SECTEURS PORTEURS
Technologies et services
- Banques
- Fintech, services financiers et paiements mobiles
- Télécommunications
- E-commerce
- Cybersécurité et confiance numérique
Industries et Cleantech
- Énergies et énergies renouvelables
- Eau et assainissement
- Activités liées à l’exploitation pétrolière
- Secteur manufacturier
- Secteur minier
Art de vivre et santé
- Équipements médicaux
- Infrastructures (hôpitaux, laboratoires)
- Produits pharmaceutiques
- Produits de soins et cosmétiques
Agriculture et industries agroalimentaires
- Production alimentaire (banane plantain, manioc, patate douce, pomme de terre, sorgho, maïs, thé, poisson, café, coton)
- Équipements agroalimentaires (transformation, emballage)
- Appareils pour la filtration ou l’épuration des boissons
ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES
L’Ouganda est classé 116e au classement 2020 Doing Business de la Banque mondiale relatif au climat des affaires.
La monnaie légale du pays est le shilling ougandais. La devise de référence pour les échanges reste le dollar américain, bien que l’euro soit de plus en plus accepté compte-tenu de sa stabilité.
De nombreux appels d’offres internationaux sont financés ou cofinancés par des institutions multilatérales de financement du développement opérant en Ouganda, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque de développement de l’Afrique de l’Est ou l’Agence française de développement. Elles fournissent une garantie de paiement pour les projets qu’elles financent, et sont principalement actives dans les secteurs des infrastructures, des transports, de l'énergie, de l’eau, de la santé, de l’éducation.
INVESTISSEMENTS DIRECTS À L’ÉTRANGER
Selon les données de la CNUCED, le stock d’IDE est de 14,5 Mds USD en 2020. Les flux d’IDE à destination de l’Ouganda s’élèvent en 2020 à 823 M USD, soit une baisse de 34,6 %, après plusieurs années de hausses consécutives importantes (+ 26 % en moyenne sur les 3 précédentes années). Ils représentent 2,1 % des 39,8 Mds USD destinés au continent africain.
Les flux d’IDE entrant en Ouganda provenaient majoritairement des Pays Bas (28,3 %), de Maurice (20,3 %), du Kenya (14,3 %), de l’Australie (8,1 %) et du Royaume-Uni (7,0 %).
